Chapitre I

—

Le silence

There was a moment…
when everything became quiet.

Not silence like peace.
Silence like… something missing.

—

The world didn’t break.
It just… shifted.

Like gravity forgot how to hold me.

—

I was still there.
I was breathing.

But I wasn’t inside my life anymore.

Dear Brother Project

Introduction

Cher Frère est un projet artistique, narratif et cinématographique.
Une œuvre née du deuil, transformée en langage.

Pendant longtemps, certaines émotions n’avaient pas de forme.
Elles existaient, mais restaient silencieuses.

Ce projet est né de ce silence.

Il a commencé comme un livre.
Une tentative d’écrire, de comprendre, de retenir quelque chose
de ce qui disparaît.

Mais au fil du temps, il a évolué.

Cher Frère est devenu un espace.
Un territoire intérieur où le texte, le dessin et l’image
se rencontrent pour raconter ce que les mots seuls ne peuvent pas contenir.

Aujourd’hui, il prend la forme d’une œuvre cinématographique poétique,
conçue, écrite et réalisée par l’artiste.

Origine

J’ai commencé à écrire Cher Frère en juillet 2025.

Au départ, c’était un geste instinctif.
Une manière de poser quelque chose sur le papier
sans chercher Ă  construire un projet.

C’était une tentative de fermeture.
Un besoin de comprendre ce que signifiait réellement la perte.

La perte de mon frère.

Mais le deuil ne se ferme pas.
Il se transforme.

Et ce projet a suivi ce mouvement.

Ce qui était au départ un texte est devenu une matière.
Puis une série de dessins.
Puis une vision.

J’ai compris que cette histoire ne devait pas seulement être lue.
Elle devait ĂŞtre ressentie.

Une œuvre cinématographique

Cher Frère devient aujourd’hui un film.

Une œuvre visuelle et sonore construite à partir de fragments :
images suspendues, mouvements ralentis, présences presque irréelles.

Les chevaux y apparaissent comme des guides.
Les corps flottent, tombent, disparaissent.
Les espaces sont vastes, silencieux, presque hors du temps.

Chaque scène est pensée comme une sensation.
Pas comme une narration linéaire,
mais comme une traversée.

L’ensemble du projet — direction artistique, écriture, image, rythme —
a été entièrement conçu par l’artiste.

C’est une œuvre personnelle, totale.
Une extension directe de son langage.

Un projet en chapitres

Cher Frère se dévoile progressivement.

Le projet est structuré en chapitres,
chacun représentant une étape du passage à travers le deuil.

Chaque chapitre est une immersion.
Un fragment d’histoire.
Une émotion précise.

Le premier chapitre marque le point de bascule.

Ce moment oĂą tout devient silencieux.
Où le monde ne s’effondre pas —
mais se déplace.

Les chapitres suivants viendront approfondir cette traversée,
jusqu’à atteindre une forme de transformation.


Le premier chapitre explore cet instant presque invisible
où la réalité change de nature.

Rien ne s’effondre brutalement.
Tout continue — en apparence.

Mais à l’intérieur, quelque chose se déplace.

Le corps reste.
Les gestes continuent.
La vie avance.

Mais la présence n’est plus entière.

On devient étranger à sa propre existence.
Suspendu entre un avant qui n’existe plus
et un après qui n’a pas encore de forme.

Ce chapitre est celui de la dissociation.
Du flottement.
De la perte de gravité.

C’est l’entrée dans le deuil.


Une œuvre pour donner

Cher Frère est un projet profondément personnel.
Il est dédié à mon frère.

Mais il ne s’arrête pas à une histoire individuelle.

À travers ce projet, une part de ce qui est créé est reversée
à une association qui accompagne les personnes touchées par le cancer.

15% des revenus générés par ce projet
sont dédiés à ce soutien.

Créer devient ici un geste double :
exprimer, et transmettre.

Intention

Cher Frère ne cherche pas à expliquer le deuil.
Il cherche Ă  le faire ressentir.

C’est une œuvre sur la perte,
mais aussi sur ce qui vient après.

Sur la manière dont une rupture peut devenir un passage.
Sur la possibilité d’une transformation.

Et sur cette idée fragile, mais essentielle :
qu’un peu de lumière suffit.