Parcours & intention
Introduction
Le travail d’Isabel Deprince s’inscrit dans la construction d’un langage artistique intime, fait de formes, de couleurs et de silences, où l’émotion prime sur le décoratif.
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Sa pratique développe une figuration contemporaine centrée autour du cheval, pensé non comme un simple sujet, mais comme un médium sensible, un corps à travers lequel traduire ce qui ne peut pas toujours être formulé par les mots.
Origines et formation
Formée aux Beaux-Arts à Anvers, où elle étudie pendant cinq ans, Isabel Deprince développe très tôt une approche rigoureuse du dessin, de la composition et du regard.
Parallèlement, une immersion prolongée dans le monde de l’image et du corps nourrit sa sensibilité visuelle. Cette expérience affine son rapport au mouvement, à la posture et à la présence, et forge une conscience aiguë de l’image : de ce qu’elle révèle autant que de ce qu’elle dissimule.
La rupture
Il y a près de six ans, la perte de son frère marque une rupture profonde dans son parcours.
Un événement qui suspend toute continuité.
S’ensuit une période de retrait de plusieurs années, nécessaire à la reconstruction.
Un temps de silence, de réparation, durant lequel la création cesse d’être un projet pour devenir une nécessité intérieure.
L’art comme premier refuge
Dans les premiers temps, le dessin et la peinture deviennent un espace de survie.
Les œuvres abordent frontalement la maladie, la douleur et l’effondrement.
Ces créations, sombres et chargées, sont d’abord libératrices, avant de devenir progressivement enfermantes.
À un moment précis, la nécessité d’un déplacement s’impose : trouver un autre langage, un autre corps capable de porter ce qui ne peut plus être contenu.
Le cheval comme langage
Le cheval s’impose alors naturellement.
Non comme une idée, mais comme une mémoire.
Enfant et adolescente, Isabel Deprince passe de nombreuses années dans les écuries, montant presque quotidiennement.
Ce lieu constitue un espace de sécurité, de calme et d’appartenance, un territoire où le lien se crée sans mots.
En revenant au dessin et à la peinture du cheval, une forme de paix immédiate s’installe.
Le cheval devient un traducteur émotionnel : il parle à la place de l’artiste, sans l’exposer.
À travers lui, il devient possible de transmettre la colère, la douceur, la peur ou la lumière sans être submergée.
Le cheval s’impose ainsi comme un langage, une écriture du corps et de l’émotion.
Une figuration contemporaine
Aujourd’hui, Isabel Deprince aborde le cheval comme un sujet profondément contemporain.
Son travail vise à déplacer les codes d’un art historiquement figé, pour en proposer une lecture sensible, libre et actuelle.
La couleur, l’intensité, le mouvement et l’émotion occupent une place centrale.
L’esthétique n’est jamais une finalité : elle reste au service de ce qui doit être ressenti.
Chaque œuvre est pensée comme un espace émotionnel ouvert, invitant le spectateur à y projeter sa propre histoire.
Engagements et projets curatifs
La pratique artistique d’Isabel Deprince est indissociable de son engagement humain.
Depuis plusieurs années, elle développe des projets curatifs utilisant l’art comme espace de lien, de parole et de soutien, notamment autour des thématiques du cancer, du deuil et de la reconstruction.
Ces engagements s’ancrent dans une proximité réelle avec le monde médical et la recherche, nourrie par un environnement familial profondément lié à ces domaines.
Ils prennent forme à travers des collaborations, des projets artistiques dédiés, des prises de parole et des actions concrètes de levée de fonds.
L’art y devient un outil de dialogue, capable d’ouvrir des espaces de respiration et de créer des communautés sensibles autour de sujets souvent tus.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, Isabel Deprince poursuit un travail exigeant, guidé par la sincérité, la cohérence et l’émotion.
Elle développe des œuvres, des expositions et des projets narratifs pensés comme des expériences à vivre, des espaces où l’intime rencontre l’universel.
Son intention demeure constante :
créer non seulement des formes, mais des passages.
Et faire de l’art un lieu où, pour un instant, il devient possible de respirer autrement.